|
Présentation
On croit bien connaître le divin marquis.
Depuis deux siècles, la critique littéraire s'est bâtie sur une
conviction profonde, persistante et consensuelle : l'immoralisme de Sade
qui, dit-on, fait l'apologie du crime, du vice, du mal. On s'occupe de
nous dire comment, on ne demande pas pourquoi. Jean-Baptiste Jeangène
Vilmer établit qu'il s'agit là de l'un des plus formidables contresens
de l'histoire des idées. Dans quelle mesure Sade pense-t-il ce qu'il
écrit? Selon une méthode rigoureuse, fondée essentiellement sur la
contextualisation de l'ouvre, sont dégagées de frappantes coïncidences
entre le monde sadien et la réforme pénale française du XVIIIe siècle. A
travers l'environnement judiciaire d'un écrivain emprisonné se dévoile,
contre toute attente, un Sade moraliste que conforte l'argumentation
philosophique, juridique comme historique. En travaillant sur la
totalité des textes du marquis, de la fiction à la correspondance et des
ouvrages les plus fameux aux lignes habituellement négligées,
Jean-Baptiste Jeangène Vilmer montre pourquoi le moralisme de Sade
unifie son ouvre, tandis qu'on ne pouvait jusqu'alors rendre compte de
son prétendu immoralisme qu'en la divisant.
(texte de la quatrième de couverture)
Table des matières
Avant-Propos
Préface de Maurice Lever
INTRODUCTION.
Lire et comprendre Sade
Méthodologie - Sade philosophe - Sade moraliste
PREMIÈRE PARTIE. L'ORDRE ÉTABLI
I. Le droit pénal français de 1740 à 1814
- La crise du droit pénal de l'Ancien Régime et la réforme judiciaire
(1740-1789)
- La justice sous la Révolution, la Terreur et le Directoire (1789-1799)
- La justice de Napoléon (1799-1814)
II. Des délits et des peines dans la vie de Sade
- Sade sous la justice royale
1763. Première affaire : les « débauches outrées »
1768. L'affaire Rose Keller, ou affaire d'Arcueil
1772. L'affaire de Marseille, ou « grande affaire »
1778-1790. Vincennes, la Bastille et Charenton
- Sade sous la justice révolutionnaire
1793-1795. Le citoyen Sade jugé par la Terreur
- Sade sous la justice de Napoléon
1801-1814. Sainte-Pélagie, Bicêtre et Charenton
DEUXIÈME PARTIE. L'ORDRE LIBERTIN, OU ORDRE CORRECTEUR
I. L'ordre libertin
- Légitimation du et des crime(s)-pour-la-loi-établie
- Apologie de la loi libertine : le despotisme passionnel
- Punition libertine et plaisir
II. Le rôle correcteur de l'ordre libertin dans la pensée sadienne
- L'ouvre sadienne est résistance : la promesse d'une dénonciation par
la plume
- Le renversement
- Le despotisme libertin de l'ouvre est l'image renversée du despotisme
judiciaire de la vie de son auteur
- L'innocence persécutée de l'ouvre désigne l'auteur
- La question de la pensée de Sade : peindre le vice pour le faire
détester
TROISIÈME PARTIE. L'ORDRE SADIEN, OU ORDRE CORRIGÉ.
Principes de philosophie pénale
I. Qui punir ?
II. Comment punir ?
- Sade utopiste moral : la figure de Zamé
- De l'observance des lois par les magistrats eux-mêmes
- De l'impunité
- Des lois
- Justice et vengeance
- De la laïcisation de la justice
- De la peine de mort
- La punition pour l'exemple et la publicité du crime
- Du talion
- De la torture
- De la punition corporelle
- De l'emprisonnement
- De la confiscation des biens
- Du suicide
- De la prostitution
- De la liberté des mours
- De l'honneur
- De la vertu de l'accusé dans le jugement
- De la défense de l'accusé
- Le juge-automate et l'interprétation des lois
- Sade et Beccaria
III. Pourquoi punir ?
- Sade humaniste, ou punir pour corriger
- Le mal n'est qu'un moyen de parvenir au bien
- Le relativisme moral et la querelle des universaux
- Le cas de l'incorrigible
- L'écriture et la clémence de Sade
- Conclusion. Sade et les Lumières
CONCLUSION.
La dialectique sadienne
Bibliographie
Index Nominum
Index Rerum
Index des textes sadiens cités
|