Justice et déviance à l’époque contemporaine. L’imaginaire, l’enquête et
le scandale.
Frédéric Chauvaud.
PU Rennes, (Coll. Histoire), 2007, 392 p., 20 €.
ISBN : 978-2-7535-0466-0
En vente en librairie.
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Présentation
De la
Révolution française au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la
justice pénale impressionne. Elle a gardé, en dépit des révolutions, des
insurrections, des émeutes, des guerres et du processus de
désacralisation qui affecte l’ensemble des institutions, le lustre du
passé, la majesté de l’architecture judiciaire, ses colonnes et ses
frontons, ses escaliers qui éloignent les lieux de justice des simples
mortels l’illustrent. Ils contribuent à donner le sentiment que la
justice est presque inaccessible. Il est vrai que la justice pénale,
telle qu’elle a fonctionné depuis 1790, est une " justice de punition ".
De la sorte, elle ne peut se déprendre des interrogations sur le droit
de punir, puis sur la légitimité du " châtiment pénal ". Dans
l’imaginaire collectif, le crime, considéré comme l’un des fléaux
majeurs de la société contemporaine, est associé à la justice pénale.
Aussi importe-t-il de restituer l’imaginaire d’une époque à partir du
plus visible et du plus monstrueux. La fiction construite par les romans
judiciaires. les canards sanglants, les périodiques scientifiques, la
presse spécialisée, puis populaire donnent à voir de sombres tableaux de
la société on se mêlent des crânes fracassés, des malheureuses souillées
et violentées, des enfants enlevés et torturés, des cadavres abandonnés.
Le présent ouvrage s’attache également à l’enquête judiciaire, à la fois
paradigme d’une époque, suite de démarches empiriques et formalisation
dans une discipline naissance : la criminalistique qui assure la
promotion de la police scientifique et suscite des controverses sur
l’émergence d’une justice technique. Toutefois, tandis que l’institution
judiciaire évolue à un rythme lent, de nombreux observateurs et acteurs
pointent les distorsions de la justice, plaident pour une plus grande
rationalisation, et demandent que les " scandales " qui se rapportent
aux erreurs judiciaires, à la mort d’un enfant en prison ou secouent le
monde de l’expertise judiciaire ne restent pas sans effets, mais soient
l’occasion de réformer la Justice, présentée comme le premier besoin des
peuples.
Biographie de l’auteur Frédéric Chauvaud, Professeur d’histoire
contemporaine à l’université de Poitiers, responsable de l’équipe "
Sociétés conflictuelles " du GERHICO (EA2625), spécialiste de l’histoire
de la justice, a notamment publié Le Juge, le tribun et le comptable
(1995), Le sanglot judiciaire (1998), Les experts du crime (2000), Les
Images de la justice (2004).
(Texte de la 4ème de couverture)
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