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Les
illusions perdues de la magistrature seconde. Les officiers "moyens"
de justice en Limousin et en Périgord, vers 1665-vers 1810.
MEYZIE Vincent,
Presses universitaires de Limoges, 2006, 639 p., 30,00 €
ISBN 2 84287 387 4
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Présentation
Cet ouvrage analyse les trajectoires professionnelles et sociales de
quatre cent trente magistrats siégeant dans les présidiaux de Limoges,
Tulle, Périgueux et Sarlat du règne personnel de Louis XIV à l'avènement
des notables sous Napoléon 1er. En recourant à la méthode
prosopographique, aux approches micro-historiques et aux lectures
institutionnelles, il a pour but de replacer leurs parcours collectifs
et individuels dans les mutations affectant l'Etat royal et
révolutionnaire, de les comprendre à l'aune des évolutions de la société
de la France moderne et contemporaine. Entre la seconde moitié du XVIIe
siècle et la fin du XVIIIe siècle, les relations entre les officiers «
moyens » de justice et la monarchie administrative dévoilent l'histoire
des illusions perdues de la magistrature seconde. Le détachement des
magistrats à l'égard de la monarchie absolue apparaît durant la seconde
partie du règne du Roi-Soleil. Engendré par une politique vénale
intensive, il reflète la crise protéiforme de l'institution présidiale :
crise des effectifs, crise de recrutement, crise de l'économie de
l'office... Entre 1750 et 1789, les réformes insuffisantes et contestées
d'un État velléitaire consacrent la rupture entamée en renforçant la
déception des juges provinciaux. En suscitant un mécontentement
croissant, elles facilitent leur ralliement massif à la Révolution. Les
fondements et les manifestations de l'identité sociale et citadine des
officiers de justice constituent l'autre axe majeur de cette étude.
L'appréhension minutieuse des logiques familiales et vénales de la
circulation des offices, de l'intégration des robins au sein des élites
municipales et de leurs relations privilégiées vis-à-vis des édifices
judiciaires en dessinent les principaux contours. Elle permet notamment
de souligner la place centrale des magistrats présidiaux dans les villes
de second rang et leur rôle essentiel d'intermédiaires entre le pouvoir
central et les autorités locales. Cette double thématique inscrit
l'ouvrage au croisement de l'histoire sociale des institutions, de
l'histoire de l'État et de l'histoire des élites urbaines de la France
moderne. Un dictionnaire biographique le complète en présentant les
portraits de plus de cent quatre-vingt dix juges des tribunaux du
Limousin et du Périgord.
(Texte de la 4ème de couverture)
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