|
Présentation
Plutôt associé à la Rome des Césars ou à
la Renaissance italienne, le crime de poison manque d'un éclairage
historique pour la période médiévale. Il s'inscrit pourtant d'une
manière particulièrement intéressante dans la société et les mentalités
du Moyen Âge, dans la mesure où il se commet à l'exact opposé de
l'homicide ordinaire, ouvert, sanglant et lié à l'honneur.
Dans le sillage d'une
histoire de la criminalité aussi attentive à la définition du crime, à
sa sociologie (imaginaire ou effective) et à son anthropologie qu'à sa
mesure et à ses dimensions judiciaires et juridiques, étroitement liées
à la question du pouvoir, cet essai mené à l'échelle de la Chrétienté
latine et des dix siècles médiévaux, vient mettre en lumière la
pratique, les usages et la perception d'un crime à tous égards "caché",
comme disent les juristes du temps.
Bien plus qu'un simple moyen
de tuer, le crime de poison constitue une sorte de réceptacle des
antivaleurs de la civilisation médiévale, en même temps qu'un révélateur
de ses angoisses et de ses fantasmes.
Franck Collard, ancien élève
de l'ENS de Fontenay, est actuellement professeur d'histoire du Moyen
Âge à l'Université de Reims Champagne‑Ardenne.
(texte de la quatrième de couverture)
|