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Présentation
Biographie publiée dans la présente édition :
HENRI
FRANCOIS d ‘AGUESSEAU- (1668-1751)
Le chancelier d’Aguesseau appartient à une lignée
d’officiers détenteurs de charges publiques qui, de Louis XIII à Louis
XVI, peuplèrent les cours et le conseil du roi au service de la
justice et de l’Etat. A l’école de son père d’abord, puis de la
faculté de droit de Paris, il est disciple de Domat, de Malebranche,
comme aussi de Racine ou de l’abbé Fleury. Avocat général au
Châtelet, puis au parlement de Paris, il plaide pour le roi, le
public et la loi, défend les droits de l’église, des mineurs et des
communautés ; en 1700 il devient procureur général. Elevé à la
chancellerie de France le 2 février 1717 par le régent , d’Aguesseau se
trouve alors au premier rang des collaborateurs de Louis XV. Il a
fréquenté les personnalités politiques, scientifiques et littéraires de
son temps.
Plus connu des historiens et des juristes que des
philosophes, il a cependant produit une œuvre philosophique et donné
son aval administratif à Diderot pour publier l’Encyclopédie . Ses
écrits posent les questions essentielles de la compétence et de la
responsabilité du magistrat, celles de la conscience du juge et de son
indépendance . Moraliste et philosophe d’Aguesseau est cartésien, par
choix intellectuel, et admirateur de Port-Royal, par tradition
familiale. D’un point de vue historique, son œuvre, diverse et
abondante, reflète les valeurs conservatrices en même temps que les
tentations libérales de la haute robe. Ses travaux représentent la
transition entre la pensée cartésienne et l’esprit des lumières . La
législation dont il fut le promoteur et le responsable intellectuel
inspire nombre d’articles du code civil.
Les méditations métaphysiques sur les vraies ou les
fausses idées de la justice composent un traité de droit naturel adossé
à une philosophie d’inspiration cartésienne. D’Aguesseau les rédigea
durant l’un des deux épisodes d’exil qu’il connut dans la première
décennie de son ministère à la chancellerie . D’après sa
correspondance, le texte date des années 1722-1726, une rédaction
difficile, selon l’auteur, et reste inachevée par suite de son rappel
aux affaires d’Etat, en 1727. Cet écrit confidentiel ,’a pu être
connu des contemporains qu’à titre exceptionnel, par des proches du
chancelier. Il fut incorporé à l’édition posthume des Œuvres entreprise
en 1759 (Paris, les libraires associés, 13 volumes in-4e
), avec l’aide certainement décisive de ses fils, par son
bibliothécaire, l’abbé André ( t.XI, daté de 1779, sous le titre de
Méditations philosophiques, une liberté due, à l’imprimeur) :
en 1780, une édition in-12 en 4 tomes, à très petit tirage sans doute
( la BNF n’en possède aucun exemplaire) fut donné sous ce titre erroné
. L’ouvrage est à nouveau repris dans l’édition des Œuvres complètes
publiée en 1819 par le professeur de droit Jean-Marie Pardesssus
(PARIS, FANTIN, 16 volumes, , in-8e), au tome XIV .
Contrairement à d’autres œuvres du chancelier, les Méditations
n’avaient pas fait l‘objet d’une édition plus moderne.
La présente édition a
été établie d’après celle de l’abbé André, après correction des fautes
d’impression, dont certaines étaient de nature à produire des
contresens. Les variations orthographiques, l’accentuation, les
majuscules et la ponctuation ont été respectées.
Par
Laurent FEDI et Isabelle STOREZ-BRANCOURT
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