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puce.gif (190 octets) Colloque - [29 et 30 sept. 2005 - Lille]
Auteurs et acteurs de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat

Jeudi 29 et vendredi 30 septembre 2004
Université de Lille 2


Colloque organisé en partenariat avec :

L’Université Catholique de Lille avec la FLD :  Sylvie Humbert, la FLSH : Catherine Masson, et la FT : Ceslas Bourdin

L’Université de Lille 2 avec le centre d’histoire judiciaire : Laurent Aboucaya, Renée Martinage, Jean-Pierre Royer

L’université de Montpellier, UMR Dynamique du Droit : Bernard Durand

L’Association Française pour l’Histoire de la Justice : Catherine Delplanque

Le diocèse de Lille.

 

[Télécharger le programme - Fichier PDF]

 

Aboutissement d’un affrontement séculaire entre l’Eglise et l’Etat fait de querelles de pouvoir, de domination puis de concordats, la loi de séparation de 1905 a finalement donné à l’Eglise la liberté. Elle ferme le long chemin parcouru depuis la distinction médiévale du spirituel et du temporel et la naissance de l’esprit laïque, la collaboration de l’Eglise avec la monarchie absolue, la rupture révolutionnaire, la laïcisation du droit et la Constitution civile du clergé, puis les accords avec l’Empire. La loi de séparation est, plus qu’un texte technique une loi de société qui en traduit les grands changements, tant sur le plan des mœurs que sur celui des croyances et des comportements individuels et collectifs. Au moment où elle fut votée, la séparation était devenue acceptable et la loi a pu être présentée comme un compromis qui ménageait l’Eglise.

La commémoration du centenaire de sa promulgation fera l’objet de nombreuses manifestations parmi lesquelles ce colloque s’identifiera  en demeurant dans une perspective historique et en mettant l’accent, plus que sur les aspects institutionnels et techniques de la loi, sur les hommes de la séparation, sur ceux qui en ont été les auteurs, directs ou indirects, et ceux qui en ont été les acteurs, volontaires ou involontaires.

Une autre singularité de ce colloque est qu’il est le fruit d’un rapprochement entre une Université catholique et une Université d’Etat et que ses journées se dérouleront à la Faculté libre de Droit et à la Faculté de Droit de l’Université de Lille II. Ses organisateurs souhaitent vivement que leur collaboration puisse s’élargir à d’autres confessions et disciplines autour des deux thèmes suivants.

I. Du débat d’idées au vote de la loi

La séparation a été préparée de longue date et elle s’est précipitée sous la République opportuniste par un certain nombre de mesures qui ont accentué la laïcisation touchant l’école, les congrégations religieuses, proclamant la neutralité confessionnelle. Elle a suscité de profonds conflits de personnes et vu s’affronter des familles de pensées opposées, voire des idéologies incompatibles entre elles. Elle a été votée dans un climat passionné, après de longs débats qui ont retracé toute l’histoire des relations entre l’Eglise et l’Etat en France, elle fut jalonnée de plusieurs projets qui ont traduit la diversité d’attitudes de ses auteurs, dont certains n’ont pas manqué de faire sentir leurs hésitations. Elle a été, de la part de ses opposants vivement combattue tandis que ses promoteurs principaux, Aristide Briand en tête qui en rapporta le projet à la Chambre, la voulait une loi d’apaisement, ce que certains catholiques comprirent d’ailleurs et admirent dès son adoption.

C’est tout ce débat d’idées jusqu’au vote de la loi que les organisateurs du colloque voudraient restituer en le replaçant dans le contexte théologique, politique, culturel et judiciaire de la France, en exprimant les positions de la théologie catholique et protestante, le point de vue du judaïsme, les sensibilités des milieux politiques et la voix des différentes composantes de la société. Certaines des personnalités qui ont participé ou animé tous ces courants de pensées sont connues, d’autres moins, en province surtout. C’est sur celles-là qu’il faudrait mettre l’accent, sans négliger pour autant les meneurs d’opinion dont l’historiographie a renouvelé l’image.

II. Au lendemain de la loi : application et réactions.

Votée le 3 juillet 1905 à la Chambre des députés par une majorité plus forte que celle que l’on attendait et au Sénat le 6 décembre suivant, la loi de séparation a été promulguée le 9 décembre.  Elle s’est appliquée dans la France métropolitaine et dans les colonies, en laissant intacte l’exception de l’Alsace-Moselle, et pour cela elle a mis en mouvement les forces de l’ordre et l’appareil judiciaire, les magistrats du parquet comme ceux du siège ainsi que la justice administrative.

Ce sera une autre particularité de ce colloque que de mettre spécialement la justice en évidence à l’occasion de l’application de la loi à travers la jurisprudence et surtout les réactions des magistrats, des auxiliaires de justice et des membres des juridictions administratives.

Réactions de la société civile également, hostiles ou favorables. Certains ont lutté d’arrache-pied pour en freiner l’application, d’autres l’ont lue de façon positive. La nouvelle loi était sans doute le meilleur moyen de garantir la liberté de conscience inscrite dans l’article 10 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Pour certains catholiques français, elle était un soulagement, sauf sur le plan financier, puisque l’Etat renonçait à contrôler le clergé. Peut-être engendra-t-elle une certaine renaissance religieuse, comme en témoigne le nombre impressionnant de conversions retentissantes qui la suivirent, comme celles de Huysmans, de Claudel, de Péguy ? Elle a, en tout cas, ouvert une ère nouvelle qui s’est prolongée jusqu’à nous…


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Madame Sylvie Humbert
Faculté Libre de Droit
60 boulevard Vauban
BP 109
59016 Lille cedex
sylvie.humbert@icl-lille.fr





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